Hypostasia, un commun numérique
Un outil de débat qui appartient à ses utilisateurs.
En une phrase
Hypostasia n'a de sens, politiquement, scientifiquement, démocratiquement, que comme commun numérique gouverné collectivement. Code Commun est la fabrique qui rend cette gouvernance opposable.
Pourquoi un commun, pas un produit ?
Un outil qui voit passer les débats voit tout. Plus Hypostasia devient utile, plus il devient stratégique. Plus il devient stratégique, plus la pression à l'absorber par un acteur intéressé sera forte.
La question pertinente n'est donc pas « qui développe Hypostasia ? » mais « comment empêcher la réappropriation ? ».
Connaitre le verbatim d'un débat, c'est hyper dangereux. C'est pour ca qu'il faut mettre ces éléments de contrôle. — Jean Sallantin, Institut Bull, 28 avril 2026
Une troisième voie : le commun d'Ostrom
Au-delà de la propriété privée et de la gestion étatique, il existe une troisième voie pour gérer une ressource partagée : l'autogouvernement. C'est ce qu'Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie 2009, a démontré en analysant des pêcheries, des forêts et des systèmes d'irrigation autogouvernés depuis des siècles.
Pour le numérique, le livre blanc Construire des communs numériques traduit ces principes en sept constituants à gouverner collectivement : code source, conditions d'usage, données utilisateurs, statistiques d'usage, moyens de communication, marque, stratégie d'évolution.
Code Commun, la fabrique
Code Commun est une SCIC (société coopérative d'intérêt collectif) fondée en 2021. Trois principes structurent la gouvernance d'Hypostasia :
- Trois collèges égaux : animateurs, contributeurs, utilisateurs. Chacun pèse 1/3 des voix. Une institution utilisatrice co-décide de la roadmap.
- Lucrativité limitée : 100 % des bénéfices réinvestis, pas de rachat possible par un investisseur extérieur. Architecture juridique de prévention de la captation.
- Souveraineté des données : hébergé en France, privacy by design, aucune revente. Code source AGPLv3 auditable.
Les principes d'Hypostasia
Hypostasia repose sur trois règles strictes qui rendent l'outil auditable :
- Pas d'IA dans le débat : seuls les humains débattent.
- Pas d'humains dans l'analyse du débat : l'IA extrait, étiquette, structure. Elle ne juge pas.
- 30 hypostases publiques : grammaire mathématique dérivée de Peirce et Hadamard, croisement de 3 inférences (induction, déduction, abduction) avec 2 dispositifs de preuve (formelle, empirique). Pas de boîte noire.
Quand je fais une synthèse délibérative, ca filtre les opinions, et comme il y a une reformulation du verbatim, ca filtre les émotions. — Jean Sallantin
Trajectoire : l'Europe, l'open source, la souveraineté
Le prototype actuel utilise GPT-4o-mini pour valider la grammaire des hypostases. Mais passer en production sur un modèle hébergé hors d'Europe est incompatible avec la définition même d'un commun numérique.
Pistes en cours d'évaluation : Mistral, Lumo (Proton, Suisse), Linagora (LUCIE / OpenLLM-France), modèles hébergés par le LIRMM de Montpellier — le laboratoire même de Jean Sallantin.