résumé_étendufrancoisJouen

résumé_étendufrancoisJouen .docx Source

Pour cette contribution à Rochebrune '26, je suis parti de la constatation suivante : les grandes théories du développement des siècles précédents (Freud, Piaget, Wallon) ont un recours implicite à la physique et plus précisément à la thermodynamique qui est la science de l’équilibre des systèmes physiques. Le premier principe de la thermodynamique est un principe de conservation de l'énergie : l’énergie totale d’un système est conservée et on observe une transformation de formes d’énergie en d’autres formes d’énergie. Ceci a donné lieu à la notion de stade et de conservation des acquisitions.

Par ailleurs l’énergie ne peut pas être produite ex nihilo: elle est en quantité invariable dans la nature. Par conséquent, le développement ne peut pas être créé ex nihilo : la génétique et la maturation sont les facteurs fondamentaux.

Les conséquences pour notre conception du développement sont multiples :

  • Le développement conçu comme un système linéaire, c’est-à-dire un système prédictif! (Exemple de l’étude de l’INSERM 2025 pour prédire les comportements dangereux et criminels à partir de l’observation d’enfants en grande section de maternelle).
  • Un système normatif (les Quotients de Développement ).
  • Une statistique de la norme et non de la variance (le non-traitement des différences individuelles).
  • Un ordre des stades invariable et universel.
  • Un recours à la génétique comme facteur explicatif unique.

Que nous apprend la génétique ?

  • L’ADN est à l’origine de la variabilité génique: la ségrégation aléatoire des chromosomes maternels et paternels crée une diversité génique quasi illimitée
  • Le développement embryofœtal est une suite d’événements spatiaux et temporels qui permettent la constitution de formes de plus en plus complexes : du zygote à l’individu / du génotype au phénotype.
  • ss="hl-extraction" data-extraction-id="2806" data-statut="nouveau" data-heat-color="#fff9eb">La régulation de ce système complexe est assurée par des facteurs génétiques et des facteurs épigénétiques.
  • Les facteurs génétiques sont les gènes régulateurs du développement (précoces et nécessaires pour déterminer la forme et le plan du corps).
  • Les facteurs épigénétiques sont des modulateurs de l’expression génique. Ils interviennent donc non pas au niveau de la séquence d’ADN du gène mais au niveau des processus de traduction et de transcription qui permettent au gène d’être exprimé. Ces facteurs interviennent précocement dans le développement.

Mais la génétique n’explique pas tout. Il y a de nombreux cas où un même génome produit des phénotypes différents (Exemples : la gelée royale, l’alimentation chez les jumeaux). Un point important l’existence de discordance phénotypique chez des jumeaux monozygotes (MZ). Exemple : Le syndrome de Beckwith-Wiedemann (SBW) se caractérisant par une croissance excessive du fœtus, une grosse langue (macroglossie), une hypertrophie des organes, une omphalocèle ou une hernie, une prédisposition à développer une tumeur embryonnaire, des anomalies des oreilles et des hypoglycémies. Le SBW peut s’observer chez l’un des MZ et pas l’autre. Même observation pour le syndrome VACTERL : Défaut congénital de formation de l’axe radial caractérisé par l’absence partielle ou totale du radius et d’autres pathologies. Le VACTERL est un système complexe !

Si nous passons maintenant au niveau cellulaire, nous apprenons que :

  • La génétique (maturation) n’est pas le seul facteur explicatif
  • On observe un effet très précoce des phénomènes physiques dans la morphogenèse.
  • s="hl-extraction" data-extraction-id="2815" data-statut="nouveau" data-heat-color="#fff9eb">Il existe des mécanismes déterministes et stochastiques au niveau cellulaire.

La nécessité d’un nouveau modèle du développement : La réaction de Belousov-Zhabotinski ou la thermodynamique du non-équilibre et des oscillations non-linéaires. Il existe un lien avec les approches épigénétiques.

Que nous apprend l’embryologie ?

  • Sélection des territoires par activité cellulaire (processus de division cellulaire, de migration, de croissance, de différentiation et d’apoptose). Processus physiques déterministes et stochastiques.
  • Sélection des territoires secondaires par expérience. Processus probabiliste de sélection de populations de neurones.
  • Association des territoires neuronaux par corrélations temporelles selon le principe de Hebb
  • Rôle fondamental de l’activité que l’organisme développe pour intégrer l’effet des stimulations externes à son propre fonctionnement.
  • n class="hl-extraction" data-extraction-id="2821" data-statut="nouveau" data-heat-color="#fff9eb">Tous les systèmes (sensoriels et moteurs) commencent à fonctionner pendant qu’ils maturent encore (pendant les processus de division cellulaire, de migration, de croissance, de différentiation, d’apoptose et de sélection), de telle façon que chaque système va contribuer à son propre développement prénatal mais prépare également son propre développement postnatal.
  • La variabilité est nécessaire pour les processus de sélection.
  • Le développement des individus à l’intérieur d’une espèce donnée ne suit pas un cours invariant ou inévitable. Plus spécifiquement la séquence et le résultat du développement individuel sont probables.

Conséquences

  • ble" data-heat-color="#fff9eb">La naissance n’est qu’un changement d’état d’un système complexe.
  • Il existe une continuité entre les apprentissages pré et post-nataux.
  • Les apprentissages prénataux sont impliqués dans la neurogenèse pour maintenir un niveau d’activité dans les réseaux neuronaux qui seront stabilisés et renforcés par la synaptogenèse.
  • La variabilité des connexions neuronales permet les processus de sélection au niveau de la synaptogenèse.
  • Les processus de sélection sont de même nature avant et après la naissance : ils agissent sur des populations de neurones.
  • Les processus de sélection rendent possible la cognition comme un processus incarné que ce soit avant et après la naissance.